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Les péripéties d'Annie

 

Dossier du mois : Christian Sadek, pourquoi ?

" Vivre  sous influence n’est point vivre, vivre dans la crainte c’est un peu mourir. La violence des mots n’a d’égale que la violence des actions menées contre des personnes. L’arrogance se détermine en fonction d’un caractère et d’une situation donnée. L’impertinence d’un acte est souvent la traduction d’une écoute négligée, d’une pensée non aboutie. Une personne peut se révéler sous un autre jour quand il s’agit de parler au nom des autres. En revêtant le manteau du juste et en s’adressant directement au Président de la République, Emile Zola défendait le Capitaine Dreyfus et clamait bien haut ce que d’autres n’osaient dire en haut lieu. L’acte fut loin d’être maladroit, il naissait d’une injustice. Néanmoins il s’attira les foudres de nombreuses instances mais se sentait incapable de taire un mensonge devenu raison d’état.  Souvent l’histoire se répète à des degrés différents. Force est de constater que les visages changent mais les maux, les revendications, demeurent sensiblement les mêmes. Christian Sadek médecin de campagne est le nouveau visage de la contestation. Il a soigné la «mise» et rédigé l’ordonnance sans appel. Il a mis un pansement sur la plaie, il a dénoncé l’injustice sociale, il a donné des yeux à la souffrance. Aux grands maux les grands remèdes, et là c’est le médecin qui parle, inutile de lui rappeler son métier, il sait de quoi il en retourne. Christian Sadek a rédigé au mois de Mars dernier une lettre ouverte à l’intention du Président de la République, Nicolas Sarkozy, son courrier a créé le buzz sur internet et pour cause. Il informait l’Elysée qu’il ferait parvenir sous quinze jours un ustensile dont se servent les bouchers en référence aux démêlés du Président de la République avec Dominique de Villepin, le tout accompagné d’une missive. Il ne pouvait consentir à se taire une minute de plus face à ce qu’il voyait chaque jour. Il a franchi les limites pour ceux qui n’obtiennent jamais rien. Le trop plein face à cette misère latente, la souffrance des patients,  les ventres vides, les images récurrentes de gosses mal nourris et de vieillards décharnés laissés pour compte l’a fait réagir. Lui, le simple médecin de campagne est monté au créneau le cœur libre. Il a signé l’acte de son nom sans peur et sans honte. (...) "

Dossier du mois - Le Paris London n° 6 - octobre 2010

 

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nick le juge

 

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