Magazines

Newsletter

Les péripéties d'Annie

 

Edito d'Annie Bocquet

" Lorsque j’étais enfant, que l’on me tendait un bonbon, je regardais l’emballage et je me faisais la réflexion au vu de ce riche enrobage, que l’intérieur devait être délicieux. Ma surprise était souvent grande en m’apercevant que le bonbon avait un arrière-goût amer. L’enrobage n’était donc que le faire -valoir d’un argument vide de sens et de proportion. Puis en grandissant, j’ai écouté les hommes parler, parler jusqu’à n’en plus finir ! Puis j’ai écouté les mots, jusqu’à n’en plus dormir ! Que fallait-il retenir de ces images, de ces paroles ? L’essentiel ! C’est-à -dire presque tout ! Il faut être au milieu de nulle part pour s’apercevoir que le désert existe. N’entamons-nous pas une période de restriction ? Sécheresse du cœur et pauvreté des sentiments. Un poisson rouge nage en rond dans son bocal,  un oiseau en captivité va et vient à l’intérieur de sa cage, que sommes-nous? Que voulons-nous devenir? Sur les chemins de la honte, il ne tient qu’à nous de choisir un autre sentier. Il n’existe pas de petites causes, il n’existe pas de petites misères, il y a seulement des hommes au cœur grand qui, un jour, font le choix de ne plus se taire au nom des autres. Quand nos convictions les plus profondes se trouvent piétinées, on recouvre la vue. L’erreur serait de penser que seuls des inconscients sont susceptibles de changer le cours de l’histoire. Celle-ci est un éternel recommencement et elle nous prouve que l’incapacité à se taire, la volonté et la détermination furent des adversaires de taille face à l’injustice. Un propos juste, un acte fécond soulèvent l’opinion, jamais dans la violence, toujours dans la réflexion et la mesure. Mesurer, c’est sentir que la prochaine vague, c’est pour demain ! Nous ne pouvons prendre le train en marche, choisissons de le prendre à l’heure. "

Edito d'Annie Bocquet - Le Paris London n° 6 - octobre 2010

 

Revenir au sommaire du magazine


nick le juge

 

Votre publicité